Spécial randonnée

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Zoom sur les nouveautés en lien avec la randonnée

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DOSSIER: EN AVANT, MARCHE!

La Suisse, paradis des randonneurs

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Notre sélection de balades pour la belle saison

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Val d’Hérens (VS) – Des Farquès au lac d’Arbey

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Aigle (VD) – D’une fontaine à l’autre

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Franches-Montagnes (JU) – Autour des Cerlatez en passant par la Gruère

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Vallée du Trient (VS) – De Vernayaz à Finhaut sur la route des diligences

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Région de Charmey (FR) – Randonnée goûteuse au pied du Vanil-Noir

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De Noiraigue (NE) à Sainte-Croix (VD) – Deux étapes sur Le chemin des Crêtes du Jura

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Les applications incontournables

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PRATIQUE

Calendrier des manifestations et randonnées accompagnées

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DOSSIER

© KEVIN WILDHABER/SUISSE TOURISME

 

Les Suisses sont des marcheurs dans l’âme. Ils sont plus de 44%, âgés de 15 à 74 ans, à pratiquer cette activité en plaine comme en montagne.

 

LA MARCHE NE SE DÉMODE PAS

 

Ce n’est pas un mythe: près de la moitié de la population helvétique pratique la randonnée sur les 65’000 kilomètres d’itinéraires balisés que compte notre pays. Comment explique-t-on le succès de cette activité? Pourquoi et comment marche-t-on, de nos jours? Notre enquête.

La Suisse, pays de la randonnée. L’adage est connu, mais est-il toujours justifié? Avec sa nature pittoresque et variée, ses lacs, ses plaines et ses montagnes, notre pays offre un beau terrain de jeu aux randonneurs. Ses sommets ont très tôt attiré les alpinistes, avides d’aventures et de sensations. Aujourd’hui, c’est plutôt son vaste réseau de sentiers pédestres impeccablement entretenus et balisés qui font sa réputation. Il faut dire qu’elle n’est pas usurpée!

«Quand elle a vu le jour, en 1934, la Fédération suisse de tourisme pédestre, désormais appelée Suisse Rando, avait pour objectif de signaliser de manière unifiée le réseau de sentiers, raconte Sybille Schär, cheffe du domaine marketing et communication de l’association. Sur mandat de l’Office fédéral des routes (OFROU), nous veillons aujourd’hui au respect de sept objectifs de qualité.» Parmi ceux-ci, on trouve les liaisons avec les transports publics, une signalisation uniforme et un état irréprochable des infrastructures. La tâche est colossale, lorsque l’on sait que la Suisse compte 66 500 kilomètres de sentiers pédestres, soit une fois et demie le tour de la terre! Un réseau particulièrement dense. Pour preuve, on compte 71 500 kilomètres de routes sur le territoire helvétique. Des sentiers officiels, il ne s’en crée pratiquement plus à l’heure actuelle. En revanche, leur entretien est assuré conjointement par les communes, les cantons et les associations cantonales de randonnée pédestre.

 

UNE ACTIVITÉ DANS LE VENT

Un coup d’œil sur la carte de La Suisse à pied proposée par la Fondation Suisse Mobile permet d’apprécier le réseau à disposition. Sur le terrain, sac au dos, l’impression se confirme pour les 2,7 millions de Suisses usant leurs semelles par monts et par vaux chaque année! Dans notre pays, la randonnée pédestre est l’activité de loisirs la plus populaire: 44% de la population âgée de 15 à 74 ans la pratique. Et son succès ne cesse de croître, même chez les jeunes.

À ce peuple de porteurs de godillots viennent s’ajouter 300’000 visiteurs étrangers qui, chaque année, arpentent le territoire suisse. Parmi eux, 46,7% déclarent randonner lors de leur séjour. Allemands, Belges ou Hollandais plébiscitent volontiers les expéditions d’une durée de plus de deux heures. Mais les touristes originaires de Chine, de Corée ou du Japon ne sont pas en reste. Par ailleurs, les nombreuses infrastructures permettent de faciliter l’accès aux itinéraires pédestres, même dans des régions isolées ou en montagne. Transports publics, trains historiques, remontées mécaniques, compagnies de navigation et hébergements divers renforcent en effet l’intérêt des touristes pour de telles expéditions.

© SUISSE RANDO

BON POUR LE CORPS ET POUR LA TÊTE

Si les visiteurs étrangers marchent pour découvrir notre pays, ils partagent sans doute aussi avec les Suisses bien d’autres motivations. Une récente étude de l’OFROU plaçait en tête l’argument santé, juste devant l’envie de passer du temps en plein air. On randonne aussi pour s’amuser et se ressourcer. La performance personnelle, se mesurer aux autres ou atteindre ses limites arrivent en queue de peloton. «L’âge et le degré de forme physique ne sont pas déterminants. Cette activité n’exclut personne, commente Sybille Schär, de Suisse Rando. Les sentiers pédestres permettent de profiter de la nature et de quitter l’agitation de la vie quotidienne, de décélérer, en quelque sorte.» Une tendance que confirme Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme: «Ces cinq dernières années, on assiste à un regain d’intérêt pour cette activité, qui devient tendance chez les jeunes adultes. Cela s’explique sans doute par des facteurs sociologiques. Dans notre société numérisée où la vitesse joue un rôle toujours plus grand, le besoin de ressourcement dans la nature, de déconnexion et d’activité physique croît. Cet été, notre campagne promotionnelle internationale sera entièrement consacrée à la randonnée pédestre. Nous mettrons en avant les itinéraires longue distance dont certains, comme la Via Alpina, le chemin des Crêtes du Jura ou le chemin des Cols alpins, sont iconiques!»

HISTOIRE

de l’explorateur-randonneur au consommateur de topoguides

 

Parois, sommets et glaciers helvétiques ont suscité l’exaltation des alpinistes dès le milieu du XIXe siècle. Fondé en 1863, le Club alpin suisse a contribué à cet engouement, notamment «pour ne pas laisser l’exploration des Alpes aux étrangers». Très vite, une séparation tacite voit le jour entre ascensionnistes et excursionnistes. Elle révèle une vraie distinction sociale: aux élites, les sommets, au peuple, la montagne à vaches! Au début du XXe siècle, la randonnée alpine a une mission: convertir les classes laborieuses à l’effort en plein air. Le mouvement abstinent n’est pas loin. D’ailleurs, en 1907, l’association de jeunesse Wandervogel est fondée, soit la Ligue suisse pour des randonnées de jeunes sans alcool. Financièrement abordable et moralement recommandable, la marche se fait une place dans la culture ouvrière grâce à des associations comme les Amis de la nature ou la Fédération suisse de tourisme pédestre (future Suisse Rando), qui voit le jour en 1934.

Avec le balisage progressif des sentiers, la construction de cabanes et l’établissement de cartes topographiques, on parvient peu à peu à encadrer une pratique restée longtemps très libre. Vers 1950, le marcheur est plutôt un homme, d’âge mûr, parfois solitaire, mais plus souvent membre d’un club ou d’une association.
Au milieu des années 1970, la randonnée devient un phénomène de société. Elle profite de la tendance au retour à la nature ainsi que de l’émergence des mouvements de défense de l’environnement. Se promener sac au dos devient le loisir des masses; la marche, un marché commercial. En 1980, le randonneur est jeune ou retraité, plutôt une femme ou une famille. Il est urbain et souvent vêtu de fluo! Témoins de cet essor, les institutions publiques s’intéressent à cette pratique. Et les politiques leur emboîtent le pas. En 1979, la population suisse (Valais excepté) accepte à 78% l’article constitutionnel qui protège les chemins et les sentiers. La loi fédérale entre en vigueur en 1987. Depuis les années 2000, on assiste à une diversification de la pratique: nordic walking, trail, sentiers thématiques, rando-yoga, rando avec un âne ou un lama, etc. À croire que marcher pour marcher ne suffit plus!

 

+ D’INFOS

Dictionnaire historique de la Suisse, www.hls-dhs-dss.ch

Club alpin suisse: www.sac-cas.ch

Suisse rando: www.randonner.ch

Amis de la nature: www.naturfreunde.ch

Une histoire de la marche, Antoine de Baecque, Librairie académique Perrin, 2016, 373 pages.

ACCOMPAGNÉ, C’EST MIEUX

Si randonner permet d’aérer son esprit, c’est aussi le moyen de partager de bons moments en famille ou entre amis. Selon l’étude de l’OFROU, seule une personne sur huit randonne seule. Près de la moitié des sorties se font à deux ou plus. La marche en groupe est une tradition historique. En tant que faîtière,

Suisse Rando chapeaute 25 associations cantonales de tourisme pédestre, plus une au Liechtenstein. Elles regroupent environ 49’400 membres. Si, avec plus de 14’000 membres, l’association bernoise est la plus importante, Vaud Rando, Valrando et Neuchâtel Rando comptent entre 1500 et 2000 adhérents qui se baladent généralement en groupe, sur un ou plusieurs jours, sous la conduite de chefs de course dûment formés.

Parallèlement, une nouvelle profession a vu le jour il y a une vingtaine d’années, celle d’accompagnateur en montagne. L’association faîtière (ASAM) regroupe 700 membres, qui sont généralement âgés de 30 à 60 ans et font de la randonnée accompagnée un job accessoire à leur activité principale. «Notre métier est jeune, souligne Emmanuelle Gabioud, présidente de l’ASAM, mais il a considérablement fait évoluer la manière de randonner. Les gens apprécient que l’on prépare la sortie pour eux, que l’on gère l’itinéraire, la météo et la sécurité. Mais une balade guidée, ce n’est pas qu’une prestation payante, c’est un moment de transmission et de partage de connaissances.» Des enfants aux familles, en passant par les entreprises, ce type de loisir a la cote. Chaque accompagnateur développe son propre champ d’action: animations nature, treks sur plusieurs jours, initiation au trail, balade itinérante avec des animaux, cueillettes de plantes sauvages ou sentiers de méditation. L’offre est infinie.

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EN ÉVOLUTION

Depuis cinq ans, le tourisme dit expérientiel, axé sur le partage et l’acquisition de connaissances, est en plein essor. Plus de sept cents randonnées guidées sont d’ailleurs regroupées sur une plate-forme développée par Suisse Tourisme en 2017. Elles font écho aux très nombreux sentiers thématiques qui ont vu le jour ces dernières années, en marge du réseau pédestre traditionnel et que l’on peut emprunter de son propre chef. Qu’ils nous emmènent à la découverte d’un biotope, d’une essence d’arbre, d’un site patrimonial ou d’un panorama particulier, ces itinéraires ponctués de panneaux informatifs fleurissent tant en ville qu’en pleine nature.

Suivre des panneaux d’information sur un itinéraire donné, se laisser guider par quelqu’un sans avoir à déchiffrer une carte pédestre: ces nouvelles manières de randonner correspondent au monde actuel dans lequel les notions de liberté et d’autonomie liées à la pratique de la marche disparaissent au détriment de l’attrait pour un encadrement ludique. Paradoxalement, on dispose de moins de temps pour ses loisirs, car les sources de divertissement se multiplient. Ce moment volé dans un emploi du temps surchargé, cet après-midi à la météo favorable, ces quatre jours de vacances dans un coin touristique, on souhaite en quelque sorte les rentabiliser. L’étude de l’OFROU le confirme: certes, les randonneurs sont plus nombreux, mais leurs sorties sont moins fréquentes et moins longues. Il n’en reste pas moins que chaque Suisse a sans doute des souvenirs d’enfance liés à la randonnée: des chaussettes rouges montant jusqu’au genou au K-way fluo serré au bas du dos. Et qu’une fois adulte, il lui revient souvent l’envie d’arpenter les sentiers, le cœur léger et le sac à dos lesté d’une paire de cervelas ou d’un tube de pâte à tartiner au goût délicieusement helvétique.

 

MARJORIE BRON

© MARTIN DOMINIK ZEMP

INSOLITE

Randonner de nuit

 

Se déplacer, s’enfuir ou s’adonner à différents trafics a longtemps représenté l’essentiel des escapades nocturnes. Désormais, cette activité a trouvé une nouvelle raison d’être dans notre besoin d’inédit, de calme et d’obscurité. Adepte de la randonnée nocture depuis plus de trente ans, le géologue romand Stefan Ansermet a consacré un ouvrage à sa pratique: Osez la nuit. Il y raconte la nécessité de dépasser une certaine appréhension puis d’apprivoiser l’obscurité, son rendu monochrome, ses odeurs et ses bruits, pour apprécier pleinement cette promenade multisensorielle. Lui ne marche que sur des chemins connus, mais se passe de toute source lumineuse.

Pour ceux qui souhaiteraient tenter l’expérience dans un cadre plus rassurant à la lueur du crépuscule ou dans le halo d’une lampe frontale, la Nuit suisse de la randonnée propose chaque année au mois de juillet des sorties guidées pour des groupes. L’événement a été lancé par l’association Suisse Rando en 2006. De nombreux accompagnateurs et partenaires touristiques organisent des expéditions à pied, de la simple balade crépusculaire au bivouac insolite à la belle étoile. 

 

+ D’INFOS

Osez la nuit. Marcher dans l’obscurité pour réveiller nos sens oubliés, Stefan Ansermet, Éditions Favre, 2018, 141 pages, 22 francs.

Nuit suisse de la randonnée: www.nuitrando.ch

+ D’INFOS

www.randonner.ch

www.asam.ch

www.suissemobile.ch

www.myswitzerland.com

Randonnée en Suisse 2014, chiffres et faits sur l’activité sportive et récréative la plus populaire en Suisse, Office fédéral des routes

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