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Édito

Chères lectrices, chers lecteurs,

Pour ce troisième numéro de Détour, c’est du côté du Parc du Doubs que notre équipe est partie se balader. À l’écart des routes touristiques, la région, située à cheval entre les cantons de Neuchâtel, de Berne et du Jura, mérite assurément d’être mise en lumière. Vu du ciel, ce territoire de 300 km2, recouvert de pâturages boisés et de forêts, apparaît comme un grand poumon vert, traversé par la rivière qui lui donne son nom.

Sauvage, le Parc du Doubs l’est assurément. La densité des constructions est l’une des plus faibles de Suisse romande. La nature semble toujours y régner en maître, même si l’homme a bien contribué à la modeler. Au Moyen Âge, des paysans ont commencé à défricher la forêt pour pouvoir faire paître le bétail, ce qui a influencé le développement de certaines essences plutôt que d’autres. L’épicéa a remporté la bataille, étendant le vert de son manteau sur les pâturages où se promènent librement des troupeaux de franches-montagnes. Née sur ce plateau d’altitude, la seule race de cheval suisse est un élément important de l’identité régionale. De nombreuses autres espèces animales et végétales prospèrent également dans le Parc. Certaines sont endémiques et rares, à l’image de l’apron ou de la fritillaire pintade, cette magnifique fleur aux pétales panachés en damier rose pâle.

UNE RICHE HISTOIRE
Riche elle aussi, l’histoire des lieux est intimement liée au Doubs. La rivière a accompagné le développement des premières activités artisanales et économiques de la région, des moulins aux scieries en passant par les battoirs, les forges ou les verreries. Ce cours d’eau marquant la frontière avec la France, il a naturellement participé à l’essor de la contrebande. Sucre, tabac, pièces d’horlogerie, voire idées subversives ont longtemps transité en douce, à dos d’homme, en barque ou le long de câbles tendus d’une berge à l’autre. Tout aussi secret est ce don que se transmettent, de génération en génération, les guérisseurs capables de soigner hommes et bêtes. Et que dire des légendes, encore vivaces, comme celle de la Vouivre, cette créature fantastique dotée d’un corps de serpent et d’une paire d’ailes? Quand la brume recouvre le paysage de mystère, on serait plus que jamais tenté d’y croire. Vivre au cœur de ce territoire est forcément marquant. Qu’ils soient agriculteurs, éleveurs ou actifs dans le tourisme, les habitants que nous avons rencontrés ont tous développé un lien particulier avec cette nature préservée. Une proximité qui nourrit, inspire et ressource, en même temps qu’elle contribue à forger les caractères et les identités.

Pour découvrir le Doubs, il faut prendre son temps. Le concept de tourisme doux prend ici véritablement son sens. À pied, à vélo ou à cheval, les moyens ne manquent pas pour se déplacer dans le Parc. Au-delà des circuits tout tracés, à chacun de dessiner son itinéraire et de partir à l’aventure. En espérant que nos coups de cœur deviendront aussi les vôtres, nous vous souhaitons une bonne lecture et de belles escapades!

Alexander Zelenka

Rédacteur en chef

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